AU RENDEZ-VOUS DU HASARD
(roman de Pierre BASSOLI)
PRIX SCRIBOROM 2012
1
LBERT Dujardin était ce qu’on peut appeler un employé modèle.
Huissier à la
B.
R.
I.
C.
(Banque Régionale de l’Industrie et du Commerce) depuis quatre ans,
il n’avait jamais compté une seule minute de retard et encore moins un seul
jour d’absence...
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AU RENDEZ-VOUS DU HASARD (roman de Pierre BASSOLI) PRIX SCRIBOROM 2012 1 LBERT Dujardin était ce qu’on peut appeler un employé modèle. Huissier à la B. R. I. C. (Banque Régionale de l’Industrie et du Commerce) depuis quatre ans, il n’avait jamais compté une seule minute de retard et encore moins un seul jour d’absence pour cause de maladie ou toute autre raison. Il arrivait chaque matin à sept heures et demie précises devant le siège de la B. R. I. C. , un grand bâtiment de verre haut de neuf étages, levait les yeux sur le sommet du building (un tic qu’il avait pris on ne sait trop pourquoi), sortait un trousseau de clés de sa poche, en choisissait soigneusement une et ouvrait la porte principale de la banque. Puis, après l’avoir verrouillée derrière lui, il se rendait à son vestiaire. Là, il suspendait avec soin son manteau sur un cintre et se dirigeait ensuite vers la cage de verre qui servait de réception et qui était son antre à lui seul. Toujours à l’aide d’une clé choisie s
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Extrait de Naomi-la-Déesse (roman)
L ÉTAIT UNE FOIS…
Cette histoire commence comme un conte de fées, dirait-on.
Mais, en Haïti, les contes
se mêlent à la vie quotidienne, ils la dirigent, la défendent ou la condamnent bien souvent !
Donc, il était une fois…
…une sorcière prénommée Arilyse, qui vivait du côté de...
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Extrait de Naomi-la-Déesse (roman) L ÉTAIT UNE FOIS… Cette histoire commence comme un conte de fées, dirait-on. Mais, en Haïti, les contes se mêlent à la vie quotidienne, ils la dirigent, la défendent ou la condamnent bien souvent ! Donc, il était une fois… …une sorcière prénommée Arilyse, qui vivait du côté de Belle-Anse, une bourgade du sud d’Haïti. Sa spécialité consistait à zombifier les petits enfants : sitôt qu’ils avaient atteint leurs dix ans, ils devenaient des esclaves, tout juste bons à être vendus pour travailler comme des bêtes de somme. La malfaisance de cette sorcière n’épargnait personne, pas même les membres de sa famille. Sa propre fille Amélia en était inconsolable et son beau-fils Dieussibon invoquait tous les loa* bienfaisants pour protéger son foyer. Protection ô combien insuffisante car Arilyse avait passé un pacte avec Satan en personne, à qui elle offrait en sacrifice tous les bébés que devait engendrer sa fille. Cette zombification était effectuée dans l
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CHAPITRE 1
Son propre hurlement le fit tressaillir.
La journée, anormalement chaude en cette région de vieille montagne rudoyée par les
vents, il l’avait passée terré sous un amas de feuilles et de racines.
L’humus, ayant gardé la
fraîcheur de son automne natal, lui avait fait une lénifiante couverture.
Mais il avait eu...
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CHAPITRE 1 Son propre hurlement le fit tressaillir. La journée, anormalement chaude en cette région de vieille montagne rudoyée par les vents, il l’avait passée terré sous un amas de feuilles et de racines. L’humus, ayant gardé la fraîcheur de son automne natal, lui avait fait une lénifiante couverture. Mais il avait eu faim, ce qui suffisait à l’éveiller, même quand le soleil restait encore à griller agressivement une nature qui, jamais, n’avait exigé un tel traitement. La nature était son amie de toujours. Mieux : son vêtement, sa panoplie de camouflage. Il se fondait en elle à chaque instant. Voulait-il que son énorme corps fût invisible ? Il n avait qu’à se frotter à un chêne ou à un grand sapin et, aussitôt, sa peau devenait ligneuse et prenait la consistance et la couleur de l’écorce. Voulait-il manger ? Tout lui était bon, depuis les aiguilles des conifères jusqu’aux champignons – tous, sans exception. Son régime était d’ailleurs essentiellement végétarien. Un être tel
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Extrait des Fils d’Omphale de Pierre BASSOLI
Polar – coll.
Adrénaline
Il est 23 heures 30 et j’ai repris ma planque dans le petit
chemin près de l’entrée de la maison.
Un petit tour de propriétaire, juste pour m’assurer que rien
n’a bougé depuis tout à l’heure.
Tout est calme et tranquille, les
bagnoles sont...
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Extrait des Fils d’Omphale de Pierre BASSOLI Polar – coll. Adrénaline Il est 23 heures 30 et j’ai repris ma planque dans le petit chemin près de l’entrée de la maison. Un petit tour de propriétaire, juste pour m’assurer que rien n’a bougé depuis tout à l’heure. Tout est calme et tranquille, les bagnoles sont toujours garées dans la cour, rien ne transparaît. Je réintègre ma voiture et allume une gitane – au moins la cinquante-huitième de la journée ! C’est le Dr Berthier qui serait content s’il me voyait ! C’est à nouveau un bruit de moteur qui me sort de ma torpeur. Le bon repas de tout à l’heure et le petit vin aidant, je m’étais à nouveau assoupi. Un rapide coup d’œil à ma montre m’apprend que j’ai dû dormir à peu près pendant une heure. Bon sang ! Pourvu que je n’aie rien raté d’important. Je me rassure en me disant que j’ai le sommeil suffisamment léger pour qu’un petit bruit, même plus infime que ce moteur, m’aie tiré de ma torpeur. Le chauffeur de la voiture en question
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MON HISTOIRE NIPPONNE
(Frédéric FAGE)
extrait :
Séance I :
Retour à la case départ.
Je ne sais pas depuis combien de temps nous roulions mais Dieu, que ce chemin me
semblait long.
Tout me paraissait bien flou et je me sentais tellement étranger à ce décor.
Décor qui pourtant, il fut un temps, était si familier.
C’est...
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MON HISTOIRE NIPPONNE (Frédéric FAGE) extrait : Séance I : Retour à la case départ. Je ne sais pas depuis combien de temps nous roulions mais Dieu, que ce chemin me semblait long. Tout me paraissait bien flou et je me sentais tellement étranger à ce décor. Décor qui pourtant, il fut un temps, était si familier. C’est fou comme les choses peuvent changer d’un seul coup, d’un seul. Et les situations basculer… J’habitais ici depuis près d’un an et je m’y sentais comme chez moi, jusqu à aujourd’hui. Je ne reconnaissais plus rien. J’avais perdu tous mes repères. Je n’étais plus le bienvenu. Ce pays que j’avais choisi pour y vivre, où je m’étais installé avec tant de bonheur et de projets, et qui m’avait accueilli les bras ouverts, malgré une culture si différente de la mienne, maintenant me priait de partir. Me rejetait. Justement pour un problème de culture. Je pensais me fondre dans la masse, accepter toutes les situations sans sourciller… Eh bien non. La culture nipponne m a
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SAUVEZ LES CENTAURIENS !
(extrait)
U même moment, Django faisait irruption dans le poste de pilotage.
Les quatre
membres de l’équipage se retournèrent, surpris.
– Pas un geste, Messieurs ! Gardez vos positions !
Le pistolet fulgurant à canon court et la microbombe à fusion que le pirate tenait dans
ses mains n’ayant rien...
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SAUVEZ LES CENTAURIENS ! (extrait) U même moment, Django faisait irruption dans le poste de pilotage. Les quatre membres de l’équipage se retournèrent, surpris. – Pas un geste, Messieurs ! Gardez vos positions ! Le pistolet fulgurant à canon court et la microbombe à fusion que le pirate tenait dans ses mains n’ayant rien de rassurant, le commandant, le copilote, le radio et le navigateur s’empressèrent d’obtempérer. – Commandant, vous allez nous faire émerger de l’hyperespace immédiatement ! – Quoi ! Mais… – Silence ! Obéissez ! Le commandant de bord fit un signe au navigateur qui, au lieu d’obéir, se rua sur le pirate de l’espace. Mais il fut accueilli par un coup invisible, car le pirate ne semblait pas avoir esquissé le moindre geste. Toujours est-il que le navigateur avait reçu un choc à l’abdomen qui l’envoya bouler, plié en deux et suffocant. – Je pratique taïchi sangorien, ricana Django. Vous connaissez cette lutte mentale ? Elle ne laisse pas la moindre chance à l’advers
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FANCHETTE ET SES SEPT FRÈRES
Une petite Poucette puisayenne…
EPT fois, dans la métairie Lormier, le fléau avait battu dans la grange ; c est-à-dire
que l’un des bois s était mis à cogner contre l’autre, qui faisait tenir l’ensemble avec
une extrémité fichée dans la terre battue.
Ce mouvement avait annoncé la...
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FANCHETTE ET SES SEPT FRÈRES Une petite Poucette puisayenne… EPT fois, dans la métairie Lormier, le fléau avait battu dans la grange ; c est-à-dire que l’un des bois s était mis à cogner contre l’autre, qui faisait tenir l’ensemble avec une extrémité fichée dans la terre battue. Ce mouvement avait annoncé la naissance d’un fils Lormier, ce que la mère Lormier avait pu constater aisément lorsque, après la perte des eaux, un nouveau petit couillu avait jailli de ses entrailles torturées mais fières. Mais voici que cette femme si féconde, enceinte pour la huitième fois, venait de découvrir ce qu’elle-même et son mari redoutaient le plus au monde : le fléau dans la grange demeurait inerte. Par contre, la quenouille, la vieille quenouille maudite et inutilisable, plantée dans le fumier, s était mise à filer comme jamais plus elle ne l avait fait depuis la mort de la grand-mère, il y avait de cela des lustres, l’aïeule sévère qui n avait pas connu les trois petits derniers, et ne connaîtr
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LE TESTAMENT DU DIABLE
AÎTRE Charvet, notaire à B***, aimait par-dessus tout raconter des
histoires.
Entendons-nous bien : des histoires vraies, généralement inspirées
d’un quelconque fait divers dont lui seul, en raison de sa profession, avait eu
connaissance.
C’est ainsi que, à chacune de ses visites chez nous, chaque...
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LE TESTAMENT DU DIABLE AÎTRE Charvet, notaire à B***, aimait par-dessus tout raconter des histoires. Entendons-nous bien : des histoires vraies, généralement inspirées d’un quelconque fait divers dont lui seul, en raison de sa profession, avait eu connaissance. C’est ainsi que, à chacune de ses visites chez nous, chaque vendredi soir, il nous régalait d’un conte pour grandes personnes, véridique autant que surprenant, qu’il puisait dans le trop plein de ses archives, trichant même fréquemment avec le sacro-saint secret professionnel. – Savez-vous, mes chers amis, commença-t-il ce soir-là en utilisant son incipit préféré, qu’il existe encore, dans notre belle région de Haute-Provence, des gens qui vivent comme leurs ancêtres ? – Certes, j’en ai entendu parler, répondit mon père. J’ai eu connaissance de ces êtres demi-sauvages, généralement âgés qui, ayant vécu toute leur vie dans un hameau perché sur une colline ignorée des bâtisseurs modernes, se refusent à quitter ces lieux primit
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L’EAU DES POISSONS
Laurence VANHAEREN
– Eh quoi ! À cette heure-ci, vous n’avez que cela à faire ? Vous pourriez débarrasser
ou aller vous brosser les dents.
– …
– Ce n’est pas dimanche, y’a école ! poursuivit Maryse.
La jeune femme, qui avait interrompu la préparation des pique-niques et des collations
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1 L’EAU DES POISSONS Laurence VANHAEREN – Eh quoi ! À cette heure-ci, vous n’avez que cela à faire ? Vous pourriez débarrasser ou aller vous brosser les dents. – … – Ce n’est pas dimanche, y’a école ! poursuivit Maryse. La jeune femme, qui avait interrompu la préparation des pique-niques et des collations pour faire cette remarque, manqua de se couper l’index en tranchant le pain. Calme, faut que je reste calme. Ce n’est pas la fin du monde si pour une fois ils arrivent en retard, pensa-telle. Les enfants se levèrent et prirent la direction de la salle de bain. – Moi d’abord, s’exclama Julien. – Barre-toi, c’est à moi. Débarrasse ! lui répondit son frère. Maryse se contenta d’un haussement d’épaules. Elle ajouta « brosses à dent » sur la liste des courses avant de placer les bols ayant accueilli les céréales dans le lave-vaisselle. Rassemblant les serviettes, elle saisit le rectangle de papier sur lequel son fils avait écrit : « Theaun, Somon, Maurue ». Les sourcils circonf
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