Grands penseurs en éducation- Antonio Gramsci
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painchar
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 3-4,
1993, p.
613-629.
©UNESCO : Bureau international d’éducation,...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 3-4,
1993, p.
613-629.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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ANTONIO GRAMSCI
(1891-1937)
Attilio Monasta
1
Parmi les intellectuels italiens qui ont joué un rôle dans l’histoire de l’Europe, nombreux sont
ceux qui ont passé leur vie et écrit le meilleur de leur œuvre soit en prison soit en exil.
Plus
leur pensée et leur action étaient de nature à contribuer au développement culturel et éducatif
du peuple, plus leur voix fut étouffée et leur message déformé.
Tout comme Tommaso Campanella (1568-1638) écrivit la première « Utopie »
italienne (La città del sole) pendant les vingt-sept années qu’il passa en prison, de même c’est
en prison qu’Antonio Gramsci écrivit le texte le plus important sur la fonction éducative et
politique des intellectuels : 2.
848 pages de notes manuscrites aujourd’hui connues sous le titre
de Cahiers de prison (Quaderni del carcere)
2
.
Ce qui, dans son intention première, devait être une analyse critique de l’histoire des
intellectuels italiens, s’est avéré être une prophétie sur la destinée de sa propre œuvre, de son
message et de la manière dont il allait être perçu.
Pour Gramsci, la fonction la mieux connue et la plus positive de beaucoup
d’intellectuels italiens a été (et reste peut-être) « cosmopolite », c’est-à-dire universelle et, de
ce fait, plus liée à la civilisation occidentale, voire mondiale, qu’à l’Italie, ce qui a fait d’elle un
instrument d’éveil et de développement de l’identité culturelle du peuple italien.
Cela tient à la
séparation historique, plus évidente en Italie que dans d’autres pays d’Europe, entre
développement culturel, « travail » intellectuel au sens traditionnel et direction politique.
L’éducation est un domaine où théorie et pratique, culture et politique se mêlent
inévitablement et où la recherche intellectuelle et ses résultats se combinent à l’action sociale
et politique.
Cependant, il n’est pas rare qu’il y ait distinction, quand ce n’est pas opposition,
entre ces deux aspects de l’éducation, et l’exploitation idéologique de la culture et de la
science conduit souvent à la fois à la « neutralisation » des effets éducatifs et politiques du
développement culturel et à la « justification » du pouvoir politique par des théories
accommodées selon les besoins, qui peuvent donc être définies comme « idéologies ».
Il est
difficile de définir la totalité de cette « éducation » dans le contexte des disciplines et des
domaines de recherche culturelle et de leur traditionnelle séparation, étant donné que du jardin
d’enfants jusqu’à l’université, l’éducation est en permanence liée au développement des
enfants et à leurs études.
Cela étant, pour esquisser le portrait de Gramsci « éducateur », il convient de
s’appuyer non pas sur les quelques pages qu’il a consacrées à l’école et à l’éducation au sens
traditionnel, mais plutôt sur l’hypothèse que l’essence de son message, voire le but de ses
écrits, a une valeur profondément et largement « éducative ».
L’enfance et la jeunesse d’Antonio Gramsci coïncident avec l’amorce du
développement industriel et économique de l’Italie.
Malgré les particularités de la société
italienne (différences marquées entre Nord et Sud, diversité des régions, des dialectes et des
traditions, longue sujétion à différentes puissances étrangères, enfin — et ce n’est pas le moins
important —, domination de l’Eglise catholique centrée sur Rome), un vaste effort fut engagé
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