Grands penseurs en éducation- Gianbattista Vico
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92), p.
763-774.
©UNESCO : Bureau international...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92), p.
763-774.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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GIAMBATTISTA VICO
(1668-1744)
Maria Teresa Maiullari1
Discours inaugural
Giambattista Vico naquit à Naples, le 23 juin 1668, d’Antonio Vico (1636-1706), libraire, et
de Candida Masullo (1633-1699).
Il fit ses études primaires et secondaires à l’École des
jésuites.
Ses pensées - par leur forme et, jusqu’à un certain point, dans leur contenu porteront plus tard la marque d’habitudes intellectuelles communes à beaucoup de jeunes gens
des classes supérieures de la société qui fréquentaient les écoles des jésuites au XVIIIe
siècle.
Ses écrits sont émaillés d’images et de métaphores tirées de la Bible et des œuvres classiques.
L’enseignement des jésuites lui permit d’acquérir un vocabulaire expressif dont il se servira
pour formuler des idées nouvelles sur la nature et la pratique de l’éducation.
Après des études de lettres et de rhétorique, Vico fut nommé professeur de rhétorique à
l’Université royale de Naples.
Le 18 octobre 1699, à l’âge de 31 ans, il prononça le premier
de ses « Discours inauguraux ».
Suivant la tradition des universités italiennes de l’époque,
l’année universitaire commençait en effet par un discours où le professeur précisait sur
certains points ses intentions pédagogiques.
Les Orazioni inaugurali prononcées par Vico de
1699 à 1706 furent rassemblées et publiées en un volume qui s’achève sur un « Exposé final .
Cet ouvrage est le fruit de la première phase de la réflexion de Vico.
Les « Discours inauguraux » s’organisent autour de quatre thèmes principaux : les «
objectifs que doit se fixer l’étude de l’âme humaine » constituent le premier de ces thèmes,
auquel sont entièrement consacrés les trois premiers discours.
L’éducateur, selon Vico, doit
connaître les dispositions naturelles de l’âme humaine et exhorter l’élève à se familiariser avec
elles, lui aussi.
Cette étude a pour but de trouver le chemin qui mène de la connaissance à la
sagesse.
Dans le premier « Discours », l’éducateur invite l’élève à « ne cesser de cultiver
toujours la puissance divine de l’esprit ».
Sans s’éloigner des thèmes traditionnels de
l’enseignement des jésuites, ses anciens maîtres, Vico attachait aussi de l’importance à la
puissance créatrice de l’esprit humain, constamment affirmée par la philosophie classique.
Dans le deuxième « Discours », il introduit les thèmes de la vertu et de la sagesse.
Celles-ci
doivent « orner l’âme humaine » et transformer le savoir, qui est stérile et rudimentaire, en
connaissance.
La connaissance est le but commun vers lequel doivent tendre tous les maîtres
et tous les élèves.
L’instauration d’une communauté des objectifs est d’une importance
fondamentale pour tout système d’éducation.
Vico ajoute dans le troisième « Discours » que
cette complicité entre le maître et le disciple « écarte le savoir inutile et simulé ».
Ces citations montrent que Vico ne se contentait pas de répéter des formules banales,
mais que c’était un penseur original.
Il s’efforçait de transmettre la connaissance par
l’enseignement de la rhétorique, mais il voulait enclencher un processus de développement
autonome de l’élève.
Celui-ci devait redécouvrir son âme, trait d’union entre les natures
divine et humaine.
L’étude des auteurs classiques et de leurs formules expressives cessait
d’être une fin en soi pour devenir un moyen de développement intellectuel.
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