Grands penseurs en éducation- Aristote
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 1-2, 1993,
p.
37-50.
©UNESCO : Bureau international d’éducation,...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 1-2, 1993,
p.
37-50.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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ARISTOTE
Charles Hummel
1
On connaît Aristote le chercheur, le fondateur de sciences, le logicien, le philosophe, « le
maître de ceux qui savent ».
Mais on connaît mal Aristote l’éducateur.
Ce qu’il a dit sur
l’éducation a peu intéressé les historiens.
Le jugement de H.
-I.
Marrou, dans son Histoire de
l’éducation dans l’Antiquité, est significatif : « L’œuvre pédagogique d’Aristote ne me paraît
pas présenter le même caractère d’originalité créatrice que celle de Platon ou d’Isocrate.
»
Pourtant, Aristote s’est consacré autant à l’enseignement qu’à la recherche.
Il est le
prototype du professor.
La partie de son œuvre qui nous est transmise à travers vingt-trois
siècles est son œuvre enseignée, ce sont ses cours.
Le souci pédagogique, la dimension
éducative y sont partout présents.
Un jour, il faudra analyser la démarche pédagogique
d’Aristote telle que ses cours la révèlent.
On relèvera sa manière caractéristique de poser des
problèmes, de les discuter ensuite en les abordant sous des angles différents, en les auscultant.
On y sent la pédagogie du dialogue de Socrate et de Platon.
Malheureusement, les dialogues
qu’Aristote a écrits pour vulgariser les fruits de ses recherches sont tous perdus.
On relèvera
également la façon dont il illustre ses cours avec des exemples, avec des citations et des
références, avec des images.
« Il est impossible de penser sans images », dit-il, à plusieurs
reprises
2
.
Aristote a fait une carrière purement académique.
A dix-huit ans, il entra dans l’une
des hautes écoles les plus réputées de son temps, l’Académie de Platon, et s’y fit remarquer
par la passion avec laquelle il se livrait à ses études et particulièrement à la lecture, ce qui lui
valut le sobriquet de « liseur ».
Puis il constitua la première grande bibliothèque qui servit de
modèle à celles d’Alexandrie et de Pergame
3
.
Il y devint privat-docent de rhétorique,
contestataire d’ailleurs, et critiquant ouvertement et avec passion les doctrines de son maître et
prédécesseur Platon, qui aurait dit de lui : « Aristote m’a donné des coups de pied comme les
poulains en donnent à leur mère
4
.
» Après la mort de Platon, il quitta Athènes pour Assos, en
Syrie, et trois ans plus tard il s’établit à Mytilène dans l’île de Lesbos.
Il s’y livrait à des
recherches multiples, surtout en biologie.
On ne sait pas avec certitude s’il créa, à cette
époque de sa vie déjà, des écoles ou des cercles d’études, mais cela est assez probable.
En
343-342, à l’âge de quarante et un ans, Philippe de Macédoine l’appela à sa cour comme
précepteur du jeune Alexandre.
Malheureusement, nous ne savons presque rien sur les rapports entre l’éducateur
Aristote et son élève Alexandre.
Et pourtant, quelle conjonction extraordinaire! Jacob
Burckhardt estimait que c’est par l’éducation d’Alexandre qu’Aristote a eu la plus grande
influence sur l’histoire
5
.
Et un écrivain moderne caractérise cette rencontre : « Aristote, cet
homme qui construisit avec ses pensées une demeure si vaste que la science occidentale
pouvait y habiter pendant deux mille ans, contribua, par les idées qu’il a inculquées à
Alexandre, à créer les conditions nécessaires à la réalisation de ce même Occident.
Sans
Alexandre, nous connaîtrions à peine le nom d’Aristote.
Sans Aristote, Alexandre ne serait
jamais devenu l’Alexandre que nous admirons
6
.
»
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